Le Collectif Alternative pour le Cannabis à visée Thérapeutique qui réunit une dizaine d’associations françaises a pris connaissance des premiers résultats de l’Agence du médicament. Le Collectif salue une avancée importante en matière de cannabis à usage médical. Auditionné par l’Agence du Médicament le 26 juin prochain, il ne manquera pas de rappeler son soutien à une initiative courageuse qui permet à la France de commencer à rattraper son retard en la matière. 

Comme le rappelle le Docteur Bertrand Lebeau, « nous avions la crainte que les sommités fleuries ne soient pas autorisées. Aujourd’hui, le CSST signe un rapport qui les promeut, c’est une bonne nouvelle. » 

Concernant le nombre de patients, Fabienne Lopez, Présidente de Principes Actifs* et Co-Présidente du Collectif ACT remarque que « la liste d’indications n’a pas évolué depuis le premier compte-rendu de l’Agence Médicament. Cela risque d’exclure beaucoup de patients qui consomment déjà du cannabis à des fins médicales« . Pour empêcher cela, le Collectif promeut un élargissement du nombre d’indications lors de l’expérimentation et défend la mise en place d’une circulaire visant à inciter les procureurs à abandonner les poursuites lorsque l’usage médical et l’autoproduction st avéré. Fabienne Lopez ajoute : « Combien de patients seront concernés ? Qui va les choisir ? Le Comité scientifique apporte des réponses à de nombreuses questions, celles-ci restent en suspens. » 

S’agissant du nombre de médecins prescripteurs, Bertrand Rambaud, Fondateur de l’UFCM-I Care** et Co-Président du Collectif ACT s’inquiète lui aussi : « Alors qu’ils sont tout à fait formés et compétents, certains médecins généralistes sont de fait exclus de l’expérimentation alors qu’ils pourraient en être les acteurs principaux. Si les médecins spécialisés doivent suivre une formation pour prescrire, un médecin généraliste peut la suivre aussi et doit pouvoir prescrire aussi. » En République-Tchèque, une politique similaire a été mise en place il y a quelques années, résultat : pas plus d’une vingtaine de médecins prescrivent aujourd’hui du cannabis. 

Christian Sueur, médecin et Président du GRECC*** tempère néanmoins « Ces règles imposées au médecin sont proches de celles mobilisées dans les années 1990 pour la buprénorphine et la méthadone. Le cannabis est moins dangereux que ces deux substances mais on peut espérer que ce cadre permettra de sécuriser l’accès dans un premier temps.« 

Le Collectif espère, enfin, que la publication des premières conclusions du rapport ne les rendra pas définitives et qu’elles pourront être amendées par les associations à l’occasion des auditions du 26 juin.