Madame Schiappa, nous avons le droit à la dignité

par | Oct 6, 2020 | Politique | 0 commentaires

Les associations de patients dénoncent les « amalgames indécents » de Marlène Schiappa sur le cannabis thérapeutique. Ce lundi, la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté déclarait sur LCP que les usages thérapeutiques du cannabis pouvaient in fine financer « les réseaux de traites des êtres humains et, en partie aussi, les activités de terrorisme ».

Paris, le 6 octobre 2020Dans une émission diffusée le 5 octobre, la ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, Marlène Schiappa a tenu des propos qui nous ont indigné, se déclarant contre l’expérimentation du cannabis comme médicament.

Nous condamnons ces propos qui mettent sur le même plan des patient.e.s en situation de détresse et des trafiquants de drogue. Nous les regrettons parce qu’ils laissent entendre que le futur médicament pourrait être issu d’un cadre illicite qui pourrait financer « les réseaux de traites des êtres humains et, en partie aussi, les activités de terrorisme ». Comment les malades pourraient-ils accepter qu’une ministre fasse des amalgames aussi indécents publiquement ?

En s’exprimant à nouveau sur des questions qui dépassent son champ de compétences et en ayant des déclarations inexactes qui la placent en contradiction profonde avec les orientations de la majorité parlementaire et du gouvernement, Marlène Schiappa commet une erreur politique majeure.

Aujourd’hui, des centaines de milliers de patient.e.s, dont nous sommes, attendent impatiemment l’ouverture d’un programme médical encadré et le lancement de l’expérimentation qui requiert la publication du décret tant attendu.

Une telle intervention remet en cause notre dignité en tant que malades en ce qu’elle nie notre droit à vivre convenablement. Ce mercredi après-midi, l’entourage de la Ministre a laissé entendre que ces propos ne concernaient que les consommateurs « récréatifs ». La stigmatisation reste la même puisqu’elle concerne de fait tous les malades qui consomment aujourd’hui un cannabis issu du marché noir et tous les usagers en général. Elle est tout aussi insultante.

Nous demandons à la ministre de retirer ses propos et attendons du ministre de la Santé, Olivier Véran, qu’il les condamne et publie dans les plus brefs délais le décret censé permettre le lancement de l’expérimentation du cannabis thérapeutique. Pour les malades comme pour leurs proches, il y a urgence à rétablir la vérité et à avancer concrètement sur ce sujet. 

Chaque jour de perdu est un affront supplémentaire à celles et ceux qui souffrent et nous éloigne de l’objectif tant attendu d’ouvrir l’accès à un médicament pour celles et ceux qui en ont besoin. 

Pour APAISER – Marie-Madeleine Gilanton

Pour UFCM – Bertrand Rambaud

Pour L630 – Béchir Saket

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